Une nouvelle initiative vise à renforcer l’accès aux services en français dans la région de Sarnia. Alliant accompagnement personnalisé et soutien psychosocial, ce projet pilote soutient les organismes locaux et favorise l’inclusion, tout en répondant aux besoins concrets des francophones de la communauté.

Olaïsha Francis – IJL – Le Régional de Hamilton-Niagara

Le Centre communautaire francophone de Sarnia (CCFS) a lancé un projet pilote intitulé Réseau en action : services sociaux et accompagnement en français, pour aider les organismes et entreprises à mieux servir en français les francophones de la province. Financé en partie par le Programme d’appui à la francophonie ontarienne, il se poursuivra jusqu’au 31 mars 2026.

Structurée en deux volets complémentaires, l’initiative vise à répondre à des besoins concrets et persistants sur le terrain. Le premier volet repose sur un poste de navigation, déjà en place depuis novembre dernier, qui compte à ce jour 26 organismes partenaires. La majorité de ces partenaires sont anglophones, bien que certains organismes francophones, tels que le Réseau-femmes du Sud-Ouest et le Carrefour des femmes, fassent également partie du réseau.

« Pour que les organismes aient plus de capacité d’offrir des services en français, nous les aidons à trouver comment utiliser les services de traduction, en personne ou par téléphone, afin que l’information soit disponible en français pour les clients », explique Lo-Anne Chan, navigatrice du projet. Selon elle, plusieurs partenaires ont manifesté un vif intérêt pour ce service afin de mieux soutenir les francophones.

Dans son rôle, Lo-Anne Chan assure trois volets essentiels : le soutien direct aux organismes, la navigation pour les clients francophones et la coordination d’événements communautaires. Elle joue également un rôle de planification et de sensibilisation auprès des organismes anglophones. « Nous parlons beaucoup d’égalité et de diversité, mais les services en français sont parfois oubliés, même pour des éléments de base telles les affiches d’événements publics », souligne-t-elle.

Un problème qui revient souvent est le manque de personnel francophone et le fait de ne pas savoir comment offrir des services en français avec peu de moyens. La navigatrice se déplace donc directement chez les organismes afin d’évaluer leurs capacités et d’identifier des pistes d’amélioration réalistes.

Ce service de navigation se distingue par les liens déjà bien établis avec le réseau des services sociaux de la région. « Nous voulons rassurer les organismes, leur dire que nous reconnaissons leurs efforts et que nous pouvons améliorer les choses ensemble », ajoute Mme Chan, qui invite également les partenaires à participer à des ateliers au CCFS afin de renforcer les liens avec le personnel et la clientèle francophones.

Bien que le poste de navigation du projet pilote prenne fin le 31 mars, le service Accès franco-santé du CCFS continuera d’assurer l’accompagnement des clients francophones.

Le second volet du projet, débuté le 12 janvier, concerne un poste de counseling. Une travailleuse sociale qualifiée offre des services de thérapie individuelle, de couple et familiale, abordant notamment le stress, l’anxiété, l’isolement social, la parentalité, le deuil et l’épuisement émotionnel. Des séances de 45 minutes sont offertes sans inscription préalable, deux ou trois fois par semaine, en groupe ou individuellement.

« Nous avons remarqué que c’est une initiative qui intéresse et soutient particulièrement les nouveaux arrivants », souligne Tanya Tamilio, présidente du CCFS. Elle voit dans ce projet un levier important pour renforcer le bien-être et l’inclusion des francophones de la région.

Photo : Jo-Anne Chan (à gauche) lors des portes ouvertes pour le partenaire Sarnia-Lambton Rebound et le projet d’accueil libre pour les jeunes The NEST (Crédit : CCFS)