Le 4 octobre dernier, une grande foire de l’emploi, tenue au Metroland Media Agriplex de London, sur le site de la Western Fair, attirait des centaines de personnes de tous âges. Signe, pour la région, d’une vitalité économique retrouvée ou au contraire d’une stagnation du marché de l’emploi?

Des signaux contradictoires agitent en effet London et les communautés avoisinantes. Le secteur de l’immobilier, habituellement un bon indicateur du dynamisme économique, est en pleine croissance à London. Selon l’Association des agents immobiliers de London-St. Thomas, les ventes de maisons unifamiliales et de condos ont augmenté de 3 % en septembre comparativement au même mois de l’année dernière, brisant même un record datant de 2008. L’année 2016 fut d’ailleurs riche en records mensuels et, jusqu’à présent, les ventes ont augmenté de 8,5 % comparées à la même période de 2015.

À l’autre bout du spectre, London se classe presque en queue de peloton dans tout le Sud-Ouest en termes de pauvreté et de taux d’activité, seule la ville de Windsor étant en plus mauvaise posture. En effet, plus de 35 000 personnes, à London et dans les municipalités adjacentes, vivent dans une pauvreté extrême selon les données du Poverty Research Centre associé au Collège universitaire King. Cette strate de la population regroupe les individus seuls devant survivre avec moins de 11 020 $ par année, les familles monoparentales avec un revenu inférieur à 19 300 $ et les couples avec ou sans enfant gagnant moins de 21 000 $.

Différents facteurs peuvent expliquer cette situation mais le fait que le marché de l’emploi ne croisse pas au même rythme que la population y est sans doute pour quelque chose : 75 % des résidents de London âgés de 24 à 65 ans occupent un emploi, comparés, par exemple, au 81 % de la région formée par Kitchener, Waterloo et Cambridge.

La foire tenue au Metroland Media Agriplex a sans doute permis à certains de ces chercheurs d’emploi de se trouver un poste. Plusieurs employeurs, tels que PwC, Info-Tech Research Group, Starwood Hotels & Resorts, la Banque TD, le Conseil scolaire Viamonde, etc., recherchaient des candidats francophones ou bilingues.

Le centre Options Emploi du Collège Boréal était également sur place pour prodiguer conseils et suggestions aux visiteurs. Ce sont surtout les clients du collège qui font appel aux services de l’organisme qui les aide entre autres à se préparer aux entrevues et, de manière générale, à interagir avec d’éventuels employeurs comme c’était le cas à la foire. Options Emploi assiste aussi les entreprises pour les mettre en contact avec des candidats. D’ailleurs, l’organisme est représenté au comité du Job Developers Network, un réseau formé de 16 agences d’aide à la recherche d’emploi et une des entités ayant contribué à l’organisation de la foire.

Se chercher du travail est toujours un processus fastidieux mais peut s’avérer fécond pour autant que l’on sache comment s’y prendre. Avec le soutien de professionnels, comme ceux d’Options Emploi, et en se donnant toutes les chances, en fréquentant, par exemple, des foires de l’emploi comme celle du 4 octobre, il devient plus facile de relever ce défi qui peut changer une vie.

Philippe Thivierge