À Sarnia, un groupe d’adolescents francophones participera à une démarche pour raconter l’histoire des figures marquantes de la communauté francophone. Cette initiative, liée au 50anniversaire du drapeau franco-ontarien, vise à transmettre la mémoire collective, valoriser le patrimoine local et à renforcer le sentiment d’appartenance.

Olaïsha Francis – IJL – Le Régional

Le Centre communautaire francophone de Sarnia-Lambton (CCFS) lance un projet destiné à documenter et à mettre en valeur les figures et les initiatives ayant marqué la francophonie locale. Le programme, porté par un groupe de neuf jeunes, s’inscrit dans les célébrations autour du 50e anniversaire du drapeau franco-ontarien.

Dès la première rencontre, les participants ont participé à des séances de réflexion afin d’identifier les histoires à raconter. Le travail ne se limite pas à des portraits individuels mais s’intéresse également aux organismes et aux actions qui ont contribué à façonner la communauté. « Les jeunes ont proposé des idées vraiment riches », souligne Tanya Tamilio, présidente de l’organisme.

Parmi les figures évoquées, le nom de Huguette Habel a été souvent mentionné. Cette femme engagée, récemment décédée, a laissé une empreinte importante dans la communauté, notamment à travers son implication dans les milieux scolaire et communautaire. Le groupe prévoit de rencontrer des personnes qui ont été marquées par son parcours afin de documenter son héritage et son influence.

Un bandeau chronologique fera un retour sur la communauté de Blue Water, créée dans les années 1940 pour accueillir des travailleurs, dont plusieurs francophones, impliqués dans l’effort de guerre. Il sera découpé en trois grandes parties comprenant les Racines des années 1942 aux années 1970, suivie de la partie Résiliences de 1975 à 2000 puis la section Rayonnement de la francophonie à Sarnia du début des années 2000 à aujourd’hui.

Inspirée du concept Humans of New York sur les réseaux sociaux, l’approche repose sur la collecte de témoignages et la mise en récit d’histoires locales. Les jeunes iront à la rencontre de figures marquantes afin de réaliser des entrevues qui seront ensuite transformées en contenus numériques accessibles au public.

Dans cette optique, le groupe bénéficiera de plusieurs formations. Des ateliers en vidéo, en photographie, en entrevue et en balado leur permettront de développer des compétences concrètes en création de contenu. Ils pourront ainsi produire des capsules vidéo, des portraits visuels et des extraits audios qui viendront enrichir l’ensemble.

Le résultat prendra la forme d’une exposition interactive. Les portraits seront accompagnés d’un code QR permettant d’accéder à une biographie ou à une entrevue complète à partir d’un téléphone mobile. Une version numérique est envisagée pour être mise en ligne afin de rejoindre un public plus important.

Le CCFS prévoit présenter cette ébauche pendant quelques jours, au cours de son assemblée générale le 1er juin, avant de lui donner un caractère itinérant. L’objectif est de faire circuler ces récits au-delà de Sarnia et de faire rayonner la francophonie locale dans d’autres régions.

Ce projet bénéficie d’un financement de 8500 $ et s’inscrit dans une initiative provinciale réunissant 17 communautés sous le thème « 50 ans de fierté! Ensemble pour demain ». Il est soutenu notamment par le Bureau de la lieutenante-gouverneure de l’Ontario, l’Alliance culturelle de l’Ontario, le Conseil des arts, TFO et le Gouvernement de l’Ontario. « L’ensemble sera présenté au mois de novembre à l’occasion du 20e Sommet de la Francophonie au Cambodge », a partagé Lo-Anne Chan, l’agente du projet Franco50 au CCFS.

En impliquant les jeunes dans cette démarche, le CCFS souhaite préserver la mémoire collective et renforcer le sentiment d’appartenance. L’objectif est de transmettre cet héritage et de montrer que la francophonie de Sarnia-Lambton demeure vivante, dynamique et tournée vers l’avenir.

Photo : Tanya Tamilio (à gauche) et Lo-Anne Chan (Crédit : CCFS)