Alexia Grousson

Grâce à un financement du ministère des Femmes et de l’Égalité des genres, le Réseau-Femmes du Sud-Ouest de l’Ontario (RFSOO) a lancé une série d’ateliers intitulée « Non, pas sans vous! » pour promouvoir la participation des hommes dans la prévention de la violence et la promotion de relations saines. Déployée dans le Centre-Sud-Ouest, l’initiative comprend quatre modules combinant réflexion théorique et activités pratiques.

« Nous abordons souvent la violence faite aux femmes sans inclure les hommes dans la conversation. Pourtant, si nous voulons aller plus loin, il est essentiel de dialoguer avec eux », explique Melissa Guérette, administratrice au RFSOO pour Sarnia-Lambton. Elle souligne que ces ateliers visent à « discuter des dynamiques relationnelles, de ce qui est sain ou non, et des moyens de s’entraider », dans un cadre accessible et participatif.

Animées par le psychothérapeute Kerry Menelas, spécialisé en thérapie de couple, les séances proposent une approche inclusive et bienveillante. Conçus par un homme, pour des hommes, les ateliers offrent un espace sécurisant où la vulnérabilité peut s’exprimer sans crainte de jugement.

Le troisième module, Construire des relations saines et durables, présenté le 7 mars au Centre communautaire francophone de Sarnia, a réuni une dizaine de participants autour des thèmes de l’amour, de la confiance, de l’intimité et du consentement.

Les échanges ont également permis d’explorer les différentes formes de violence, parfois moins visibles, telles que le silence ou la violence verbale. Une attention particulière a été portée à la communication, encourageant les participants à exprimer leurs émotions sans accusation, à pratiquer l’écoute active et à valider les sentiments de l’autre.

« L’objectif est d’apprendre à exprimer ses sentiments, à écouter l’autre, à ne pas attaquer, à reformuler pour vérifier qu’on a bien compris et à expliquer concrètement ses futures actions », précise Mme Guérette.

Les discussions ont aussi abordé les besoins fondamentaux au sein du couple tels que l’écoute, le respect, la sécurité et la connexion, ainsi que les différents langages de l’amour.

« Il existe un enseignement sur le langage de l’amour, qui est déterminé par cinq types. Chacun exprime et reçoit l’amour différemment. Il est important de reconnaître ses propres besoins et ceux de l’autre pour mieux nourrir la relation », ajoute-t-elle.

Au-delà des apprentissages, une activité d’initiation au merengue a été proposée afin de favoriser la détente et de renforcer les liens entre les participants. Un repas, préparé par la classe de nutrition de l’école Franco-Jeunesse, a ajouté une ambiance conviviale à la rencontre.

Mme Guérette se réjouit de la participation. « Les échanges étaient ouverts, chaleureux et sincères. Je suis très heureuse de travailler également avec les hommes, qui peuvent eux aussi être confrontés à la violence ou en avoir été témoins. Leur inclusion est essentielle. C’est un bon début, mais quatre ateliers ne suffiront pas à tout changer », conclut-elle.

Au cœur de cette initiative se trouve la volonté de créer un espace de dialogue où les hommes peuvent réfléchir à leurs comportements, leurs émotions et leurs relations. Pour les organisateurs, cette démarche constitue une étape clé vers un changement durable. Le dernier atelier de la série, consacré à la construction d’une masculinité positive, est prévu le 29 mars.

Photo : : Kerry Menelas, animateur de l’atelier et spécialiste en thérapie de couple (Crédit : RFSOO)