L’ Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) a tenu son congrès annuel du 21 au 24 octobre, à Richmond Hill, au nord de Toronto, sous le thème « Un nouveau souffle ». Ce rassemblement a réuni des représentants d’organismes communautaires, des responsables institutionnels et divers acteurs de la francophonie afin d’échanger et de travailler sur les priorités et les perspectives de développement de l’Ontario français.
Cette édition s’inscrivait dans une période de réflexion collective marquée par les États généraux. Lancée en 2025, cette démarche de consultation vise à établir des orientations communes pour les prochaines années. Les travaux reposent notamment sur un Livre blanc qui rassemble les préoccupations et les recommandations recueillies auprès des communautés francophones de différentes régions.
De nombreux invités ont participé à l’événement, dont le maire de Richmond Hill, des députés et des jeunes issus de la communauté franco-ontarienne. Ève Tremblay, désignée « Grande témoin de la francophonie » pour cette édition, figurait également parmi les personnes conviées. Étudiante forte de son expérience dans les milieux communautaires, elle avait pour mandat de relever les idées principales, les préoccupations et les pistes de réflexion issues des échanges.
Son rôle consistait notamment à proposer une lecture d’ensemble des discussions autour de trois questions : quels éléments rassemblent les francophones de l’Ontario, quels défis nécessitent encore une attention particulière et quelles leçons retenir pour préparer les prochaines étapes? Le vendredi 23 octobre, elle a présenté ses observations lors de la clôture des travaux.
Pendant quatre jours, les organismes ont eu l’occasion de participer à des activités consacrées aux enjeux provinciaux et priorités sur le court, moyen ou long terme. Le programme abordait plusieurs domaines, dont l’accès aux services en français, l’immigration, la vitalité communautaire, la collaboration entre organismes et la participation citoyenne. Ces échanges doivent contribuer à l’élaboration de la troisième phase consacrée à l’action collective, intitulée L’Acte 3 : transformer ensemble.
Pour Abdoulaye Sako, directeur général du Carrefour communautaire francophone de London, sa participation était primordiale pour connaître la suite aux États généraux. « C’est par le biais des consultations communautaires que des recommandations se sont retrouvées dans le Livre blanc de l’AFO et, pour moi, c’était important de voir quelle sera la continuité, quel sera le plan pour l’avenir. La réponse aux préoccupations de ma communauté se trouve dans les actions qui seront entamées à la suite de ce congrès. Nous avons trouvé une solution à l’un de nos besoin avec l’ouverture d’une clinique de soins de santé primaire francophone. Au-delà de cela, une de ses préoccupations est sur le plan de la rétention des nouveaux arrivants et l’employabilité des francophones qui arrivent à London. La mobilisation que je vois ici me fait croire que les recommandations qui ont été faites sont prises très au sérieux et les gens veulent vraiment aller de l’avant. »
Le programme comprenait aussi des rencontres entre organismes, des activités de réseautage et des discussions consacrées aux enjeux provinciaux. Le congrès coïncidait par ailleurs avec le 40e anniversaire de la Loi sur les services en français, adoptée en 1986, qui encadre l’accès aux prestations gouvernementales provinciales dans les régions désignées.
Tanya Tamilio, présidente du Centre communautaire francophone de Sarnia-Lambton, tenait à faire partie des discussions et reléguer les soucis de sa communauté. « C’est une occasion de faire entendre la voix des gens de notre région à la suite des États généraux où une trentaine de francophones exprimé leurs préoccupations. Du même coup, je suis ici pour apporter une certaine visibilité à Sarnia. Quand je viens au Congrès, c’est comme pour recharger les batteries et revenir pleine d’énergie. Je retourne chez moi avec des idées et le sentiment de faire partie d’une communauté qui va au-delà des frontières de notre municipalité », indique Mme Tamilio.
La reconnaissance de l’engagement communautaire figurait également au calendrier, avec la remise du Prix de la ministre des Affaires francophones décerné au président du Collège Boréal, Daniel Giroux et le Gala des Prix de reconnaissance de l’AFO.
Enfin, la 21e assemblée annuelle de l’organisation a eu lieu le samedi 24 octobre. Cette rencontre statutaire comprenait notamment les élections au conseil d’administration, dont celle à la présidence, ainsi que les questions relatives à la gouvernance de l’association. Fabien Hébert a été réélu pour un troisième mandat consécutif.
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Photo : Abdoulaye Sako (à droite) avec des congressistes de Hamilton et Toronto lors du gala 40e anniversaire de la Loi sur les services en français (Photo : R. Caumartin)






