Chaque année se tient la marche La rue, la nuit, femmes sans peur. Il s’agit d’une occasion pour les communautés et les diverses organisations féministes de sensibiliser la population aux craintes ressenties par de nombreuses femmes lorsqu’elles doivent se déplacer seules en certains lieux et à certaines heures.

De manière générale, cette marche, née aux États-Unis dans les années 1970, sert à dénoncer la violence sexuelle et à promouvoir des politiques publiques destinées à la contrer. Pareilles marches se sont tenues à London et à Sarnia le 21 septembre et une autre se tiendra à Windsor le 30 septembre. Dans les trois cas, le personnel du Réseau-femmes est au nombre de ceux et celles qui, ici comme ailleurs dans le monde, manifestent leur intention de contribuer à la lutte contre l’insécurité.

À Sarnia, l’organisme francophone disposait d’un kiosque au lieu de départ de la marche où deux survivantes ont offert leur témoignage et où quelques statistiques troublantes ont été partagées avec l’assistance. À London, le Réseau-femmes faisait partie du comité organisateur et a marché dans le centre-ville avec les autres organismes.

Ces démonstrations de solidarité ne sont pas que symboliques et servent plus d’un objectif. « Il y a plusieurs niveaux. Le niveau ultime, c’est de faire savoir qu’il y a un service en français qui existe », explique Natalie Normand, directrice générale du Réseau-femmes, à propos de la participation de cet organisme à cette activité. La population francophone en situation minoritaire connaît souvent mal les ressources qui s’offrent à elle, d’où la nécessité de leur donner une grande visibilité. Mme Normand entend aussi travailler à ce que les francophones se fassent plus présents lors des prochaines marches.

Mais peu importe la langue, un désir et un besoin animent l’ensemble des participants. « On devrait tous, à tout moment, se sentir en sécurité », poursuit Mme Normand. Cela est d’autant plus vrai pour les femmes, considérant qu’il existe souvent un sentiment de culpabilité injustifié chez celles qui se sont fait attaquer dans un espace public, et qui croit qu’une part de responsabilité doit leur être imputée pour ne pas avoir été assez prudentes.

Les agressions dans la rue ne prendront pas fin du jour au lendemain. Mais des activités militantes telles que ces marches posent chaque année une pierre à l’édifice d’une société sans violence.

PHOTO : Marie Benae et Isabelle Scott, deux intervenantes du Réseau-femmes, étaient à Sarnia pour la marche.