À l’occasion du Mois de l’histoire des Noirs, une initiative communautaire vise à renforcer le soutien à la santé mentale et le bien-être des membres de la communauté noire francophone. Grâce à des bénévoles formés, elle offre un espace d’écoute chaleureux et inclusif, favorisant solidarité et lien social.
Chrismène Dorme – IJL – Le Régional
L’ACSM Thames Valley_ Services de santé mentale et de traitement des dépendances innove en matière de soutien communautaire avec « L’Abri du Soutien », un programme inspiré du modèle africain Friendship Bench (Banc de soutien), développé par le Dr Dixon Chibanda au Zimbabwe.
Là-bas, des psychologues et des psychiatres formaient des grands-mères pour écouter et soutenir leur communauté, souvent sous un simple banc à l’ombre d’un arbre. À London, le principe reste le même : créer un lieu où les bénévoles formés offrent une présence chaleureuse et un soutien adapté aux besoins de chacun, sans délivrer de soins médicaux.
Pour Ayan Houssein, intervenante auprès des aînés noirs à l’ACSM Thames Valley, la force du programme tient à « une présence humaine, chaleureuse et familière », bien plus qu’à l’offre de services médicaux ou techniques.
« L’Abri du Soutien » s’inscrit également dans la dynamique du Mois de l’Histoire des Noirs. Cette période met en lumière les réalités, les forces et les besoins de la communauté noire. C’est un moment où l’attention du public et des organisations se tourne vers l’équité et l’inclusion. Cette année, nous allons collaborer avec le Centre communautaire francophone de London pour participer aux différents programmes organisés durant le mois », précise Ayan Houssein.
Le programme intervient dans un contexte où la santé mentale des communautés noires et francophones reste confrontée à de nombreux défis. Selon Mme Houssein, « le racisme, la discrimination et le manque de services culturellement adaptés impactent fortement la santé mentale. Les barrières linguistiques et le faible accès aux services en français peuvent provoquer isolement et difficultés d’accès aux soins, sans oublier les problèmes de logement et d’emploi stables ».
Pour l’instant, le principal défi reste de faire connaître le programme et d’établir une relation de confiance avec la communauté. « L’obstacle majeur est la stigmatisation qui entoure la santé mentale. C’est un sujet tabou dans la communauté noire, que ce soit francophone ou anglophone, et cela peut freiner certaines personnes qui auraient besoin d’aide », explique-t-elle.
L’ACSM Thames Valley ne compte pas s’arrêter là. Les objectifs pour 2026 incluent la réouverture de « L’Abri du Soutien » en anglais et en français, avec l’accompagnement de la psychologue Dre Ruth Verhey. Le programme prévoit également des supervisions mensuelles pour échanger sur les défis rencontrés avec les participants et fixer de nouveaux objectifs.
En créant un espace d’écoute accessible et bienveillant, « L’Abri du Soutien » démontre qu’un simple dialogue et une présence humaine peuvent faire une grande différence pour le bien-être mental des communautés souvent marginalisées.
Photo : Ayan Houssein, lors d’une exposition (Crédit : ACSM Thames Valley)







