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31 August 2014

La galerie McIntosh présente les oeuvres d’Adrian Norvid

Publié par L'Action 31 January 2013

La galerie McIntosh présente les oeuvres d’Adrian Norvid

La galerie McIntosh de l’Université Western présente jusqu’au 16 février les œuvres d’Adrian Norvid. Le plasticien montréalais, maintes fois récompensé, s’est fait connaître pour ses techniques iconoclastes et ses motifs nostalgiques des années 1970.

Adrian Norvid, ne fait pas que déformer les cadres, il les fait exploser. En fait, qui les fait surtout exploser. Les ruptures de style, c’est lui. Le mélange des genres, toujours lui. Les canons du psychédélisme, du rococo et du baroque, ces formalismes qui ont cette réputation d’être insolubles, il les synthétise d’un trait, un seul, sur des dessins aussi monumentaux que sa nostalgie pour les années 1970.

« Mes thèmes sont variés et tout mon travail d’ailleurs consiste à mélanger des motifs qui n’ont a priori rien à voir ensemble. C’est pour ça que c’est difficile pour moi de mettre mes dessins dans une case précise », explique Adrian Norvid, entre deux cours à l’Université Concordia, à Montréal, où il mène une vie parallèle de professeur de dessin.

Depuis 25 ans, avec son barda de gouache, de fioles d’aquarelle et de substances de vinyle, il peint, dessine, trace ces motifs tout en rondeur de son l’adolescence qui n’en finissent pas de l’obséder.

Même diagnostic pour cet artiste compulsif, qui soigne les siennes à coup de longues séances thérapeutiques dans son atelier de peinture et dont la vie sensorielle, affective et esthétique bat surtout aux sons des guitares de rock progressif. « Toutes mes œuvres ont un rapport avec les groupes qui faisaient fureur à cette époque, Genesis, Yes. C’était la culture populaire de mes années de jeunesse », glisse-t-il.

Du coup, pas besoin d’être devin ou fin théoricien pour voir qu’entre les lignes, ce dernier parle beaucoup de lui. Né à Londres, en Grande-Bretagne, puis déménagé dans ces immenses plaines du sud de l’Ontario où il a grandi, le jeune Adrian garde tout au long de son enfance les yeux grands ouverts sur ce qui l’entoure. Sitôt un crayon en main, en bonne éponge saturée d’images et d’impressions, il restitue tout, d’un seul coup, et sans mettre de filtre.

Les toiles de cet éternel adolescent font donc côtoyer rockeurs et paysans, voyous et montagnards. Toute une faune qui, prise de court par la fin d’un monde, celui du pré-Internet, en vient à ressentir le sentiment indicible de la perte ou de la marginalité.

Avec cette œuvre, on est à deux pas de l’univers punk et de son crédo nihiliste, le fameux No futur. Mais à deux pas seulement, parce qu’Adrian Norvid ne déteste pas l’avenir et que le geste qu’il pose sur ce passé regretté s’apparente davantage à un sourire bienveillant et à une forme d’autodérision, qu’à un doigt d’honneur vengeur à l’intention des modernes.

Vingt-cinq ans de production sans désemparer ont donné naissance à des centaines de peintures et dessins. Autant dire que la trentaine d’œuvres exposées ne représentent qu’une infime partie son iceberg pictural. Le conservateur de l’exposition, James Patten, a donc pris soin de monter son affaire sur un spectre large puisque le visiteur peut y voir les premières ébauches de l’artiste jusqu’aux plus récentes datant de 2008.

« Avec cette exposition, nous restons dans la veine des illustrateurs. Avant Adrian Norvid, nous avions exposé les œuvres d’un autre artiste, Jason McLean, qui s’inscrit dans une démarche similaire », souligne Natalie Finkelstein, chargée des relations publiques à la galerie McIntosh.

L’exposition accomplit à London son dernier arrêt avant le retour au bercail, à Montréal, où Adrian Norvid travaille déjà à lui donner une suite. Des centaines de visiteurs ont pu voir cette installation au titre intraduisible, Showstoppers, Whoppers, Downers and Out Of Towners, et lancée par la galerie de Windsor. On comprend quand même intuitivement qu’elle s’adresse au tout venant, et que sa vertu principale, c’est de laisser briller une lueur d’ironie, même si ses motifs et ses résonnances crépusculaires pourraient laisser croire à une grande noirceur.

Auteur: 
Jorge Oliveira

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